Derrière le hack de La Poste en décembre, une question dérangeante : et si ce n’était pas un criminel, mais un client essayant juste d’envoyer ses colis ?

Officiellement, La Poste a été victime d’un hack en décembre dernier.
Un acte grave. Une attaque. Un événement exceptionnel.

Permettez-moi de raconter une autre histoire, d’émettre une hypothèse….

Un matin parfaitement banal de janvier, je devais envoyer neuf colis. Neuf cartons. Pas d’armes, pas de substances illégales, pas de secrets industriels. Juste des envois standards, achetés et payés sur le site de La Poste, comme recommandé. Sept Colissimo classiques, un colis de 4 kg assuré à 1000 € pour la France (32,29 €), et un autre pour les États-Unis (36,19 €), avec déclaration douanière remplie consciencieusement en ligne, en trois exemplaires, comme exigé.

Tout était prêt. Tout était payé. Tout était conforme.
C’est précisément là que les problèmes ont commencé.

Au bureau de poste, les automates ne fonctionnent pas. Pas une panne exceptionnelle, non : un état naturel. On ne s’étonne plus, on constate. Direction le guichet. Les agents peuvent imprimer toutes les étiquettes. Toutes, sauf deux. Les deux plus chères. Les deux seules qui comptent vraiment. Un hasard d’une précision chirurgicale.

On m’explique calmement que ce problème n’est pas de leur compétence. La Poste vend donc des services qu’elle ne peut pas exécuter sur place. L’argent, lui, circule parfaitement. Après insistance, j’obtiens un papier manuscrit attestant la « prise en charge impossible de ses colis ». Ce n’est pas un bug. C’est un refus. Le système décide. Il tranche. Il exerce sa souveraineté.

J’appelle le service client. Je suis baladé de service en service, jusqu’à ce que quelqu’un m’explique que je n’ai pas rempli la déclaration douanière. Elle est pourtant sous mes yeux, imprimée depuis leur propre site, en trois exemplaires. Peu importe. La réalité est optionnelle. On me conseille finalement d’essayer dans un autre bureau de poste, comme si l’envoi d’un colis relevait d’un pèlerinage.

Puis je repense à ce mois de décembre, où La Poste s’est fait hacker.

Alors évidemment, la version officielle parle de cyberattaque, de sécurité, de données. Mais personne ne pose la seule question intéressante.

Et si la personne derrière le hack de La Poste en décembre dernier n’était pas un criminel ?
Et si ce n’était ni un État hostile, ni un réseau organisé ?

Et si c’était simplement un utilisateur.
Un utilisateur qui avait payé ses colis en ligne.
Un utilisateur à qui on avait expliqué que « ce n’était pas dans leurs compétences ».
Un utilisateur dont le système informatique avait refusé des numéros de colis parfaitement valides.
Un utilisateur à qui on avait conseillé d’aller voir ailleurs.

Un utilisateur qui, au bout d’un moment, a peut-être essayé de faire le travail que plus personne ne faisait :
faire accepter par le système informatique des numéros de colis déjà payés.

Pas pour voler.
Pas pour détruire.
Juste pour que ça fonctionne.

Quand une entreprise vend un service qu’elle est incapable d’exécuter, nie les preuves, méprise ses clients et délègue toute décision à un logiciel défaillant, il ne faut pas s’étonner qu’un jour quelqu’un entre dans la machine.

Ce jour-là, ce n’est peut-être pas un hack.
C’est peut-être juste une tentative désespérée de service rendu.

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